Hommage à Shana, un chat thérapeute exceptionnel
Shana vient de s’endormir paisiblement ce 22 janvier 2025, après 12 ans 1/2 à m’accompagner.
Elle a été un chat complexe, ce qui m’a amenée à faire de nombreuses recherches au fil des années pour mieux comprendre son comportement. Pourtant, c’est dans les jours qui ont suivi son départ que les pièces du puzzle se sont progressivement mises en place, me permettant de comprendre très clairement ce que ce chat extraordinaire est venu apporter dans ma vie.
Une rencontre prédestinée?
Elle est arrivée dans ma vie en mai 2012; elle avait été recueillie par la fille de ma prof de yoga, qui faisait ses études à Liège, et a ainsi été rapatriée jusqu’à Arlon pour me rejoindre. Elle était déjà adulte et lorsque je l’ai fait examiner par un vétérinaire; celui-ci m’avait indiqué qu’elle avait probablement entre 3 et 5 ans. A l’époque, je n’avais pas trop accordé d’attention à cette information, la trouvant bien plus jeune. Pourtant, ces derniers mois m’auront amenée à changer d’avis. Je savais aussi qu’elle avait vécu dans la rue, avait été nourrie par des personnes de la maison communale, et avait été stérilisée par la commune.
Un an après son arrivée, mon premier chat, Puss, qui avait juste un peu plus d’un an, est sorti la nuit comme à son habitude, mais n’est jamais rentré. Cette perte m’avait dévastée à l’époque, et m’avait amenée à explorer plus profondément le monde de la divination: tirages de cartes, communication animale, radiesthésie… J’ai rencontré beaucoup d’escrocs, mais suis malgré tout de cette manière entrée dans un univers qui m’avait toujours appelée…
Shana est arrivée à moi en année 5, une année de transition, exactement au moment où j’ai suivi ma première formation ‘spirituelle’, au tarot, avant bien d’autres dans le domaine. 2 ans plus tard, je démarrais mon activité professionnelle complémentaire et 5 ans plus tard, je me lançais comme indépendante.
En 2013, j’ai rencontré une excellente thérapeute en communication animale qui m’a expliqué que Shana m’avait longtemps cherchée et qu’elle était un chat ‘thérapeute’ et comptait dévouer sa vie à me protéger et me guider sur mon chemin. Cela s’est avéré très juste dès le départ, et jusqu’au bout de notre aventure.
J’ai pour ma part le chemin de vie 2/11, un chemin lié à la réparation de la relation mère-enfant. Les numérologues indiquent souvent que les personnes en chemin 2 ont pour ‘mission’ d’aider les autres et se révèlent le mieux dans des métiers d’assistants, de thérapeutes ou de relation d’aide en général. C’est selon moi une description très préjudiciable parce qu’une grande partie des personnes en chemin 2 ont avant tout besoin de réparer leur relation à la mère, et ont souvent eu une expérience traumatique ou difficile avec la mère, à travers un vécu de négligence, avec une mère absente, étouffante ou exigeante, et ont ainsi tendance à faire passer les autres en premier, et se négliger. Les métiers de relation d’aide sont donc idéaux pour prolonger encore les schémas de négligence…
Je me suis très tôt tout à fait retrouvée dans ce schéma, et ma Shana a également suivi ce modèle.
LA RELATION MIROIR ENTRE SHANA ET MOI
La conscientisation des traumas
Tout d’abord, Shana était un véritable pot de colle; elle ne sortait que rarement, me suivait partout, n’aurait rien aimé de plus que passer ses journées et ses nuits sur mes genoux. Avec le temps, son attachement devenait pesant et je devais la repousser tant je me sentais étouffée. Ce n’est qu’assez récemment que j’ai pu établir le lien avec un trouble de l’attachement provenant de son vécu avant moi, que je n’avais pas compris et donc pas nécessairement géré au mieux…
Je la trouvais aussi très ‘jalouse’ et ‘possessive’; j’avais un premier chat lorsqu’elle est arrivée, qu’elle agressait sans arrêt. Il a ensuite disparu et nous sommes restées toutes les deux pendant plus d’un an, jusqu’à ce qu’en 2014, un petit chaton, qui a voulu se prénommer Mystic, décide de m’adopter. Shana l’a aussi agressé lorsqu’il était bébé et jusqu’à la fin de sa vie, et n’aura jamais appris à s’en faire un ami malgré le désir visible de Mystic d’avoir une copine de jeu, préférant sans arrêt cracher et grogner sur lui, à priori sans aucune raison. Les premières années, j’ai mis ce comportement sur le compte de la jalousie et d’un caractère asocial, regrettant de ne pas avoir deux chats qui s’entendent; mais le temps passant, ma patience diminuait; j’ai fait des recherches mais n’ai trouvé aucune explication satisfaisante. Après avoir longtemps tenté de favoriser une entente, je la réprimandais, et plus fréquemment ces dernières années, ayant moi-même traversé une phase de ma vie très difficile et épuisante me rendant plus irritable. J’ai pourtant enfin découvert le 2ème jour suivant son décès qu’elle crachait non par jalousie ni même par stress, comme cela est souvent avancé, mais parce qu’elle se sentait menacée, et qu’il s’agissait donc en réalité d’une réaction de survie.
Cela a apporté une toute autre perspective à son comportement… Tout d’abord, cela explique la raison pour laquelle malgré de nombreuses tentatives et pendant 11 ans, Shana n’a jamais pu s’adapter à Mystic, ni l’accepter; il ne s’agissait pas de comportement caractériel mais d’un trauma, et un trauma nécessite un travail thérapeutique spécifique, que je n’ai malheureusement pas pu lui fournir. Ensuite, cela a fait totalement écho à mon vécu: de la même manière que je la réprimandais sans arrêt, perdais parfois patience et la percevais comme asociale, tout au long de mon enfance, j’ai été moquée, réprimandée, punie ou frappée pour ‘bouder’ alors que j’étais enfermée dans une réaction de figement suite aux nombreux traumas que j’avais connus dans mon milieu familial. Ces traitements ont d’autant plus renforcé mes traumas.
Ce n’est donc qu’après son départ que j’ai pu vraiment comprendre que ma belle Shana avait eu un vécu avant de me rencontrer, qui lui avait visiblement laissé des séquelles en lien avec sa survie, la déclenchant donc en présence d’autres chats. Etant encore trop peu informée à l’époque, et moi-même aspirée dans des expériences de réactivations traumatiques ces dernières années, je ne m’en étais pas rendu compte et n’avais donc pas pu apporter de soins adaptés pour l’aider à s’acclimater et retrouver la confiance en ses autres compagnons.
J’aurai au moins pu mieux comprendre et mesurer l’impact des traumas et réactions de survie, mal reconnus et donc traités de manière inadaptée, et l’importance de soutenir une prise de conscience de ces aspects à travers mon activité professionnelle.
Les schémas de négligence
J’avais donc appris lors d’une com animale que Shana était un chat thérapeute, dévouée à me protéger. De fait, elle est arrivée dans ma vie lorsque j’ai commencé à trouver mon propre chemin, m’ouvrir aux mondes subtils et me trouver plongée dans le monde de l’hypersensibilité, des énergies et entités à travers mes formations et mon travail avec le tarot, la médiumnité, l’astrologie et la numérologie.
J’’avais appris des techniques de protection, mais en tant qu’hypersensible et victime de traumas, n’avais pas réellement saisi ce concept. Shana passait beaucoup de temps sur mes genoux ou à mes cotés; elle s’installait aussi systématiquement sur les genoux des clients qui venaient en consultations ou formations. Je la pensais ‘thérapeute’ et à l’époque n’y prêtais pas plus attention. Jusqu’à ce qu’il y a environ 4 ans, elle se mette systématiquement à vomir après avoir passé du temps sur les genoux de certains clients. J’ai commencé à établir le lien avec le fait qu’elle absorbait leurs énergies négatives. J’ai donc entrepris de mettre en place de meilleures protections énergétiques, pour moi et pour elle également.
Malheureusement entre 2020 et 2024, je me suis trouvée prise dans des environnements très toxiques, très chargés, je suis tombée dans une profonde dépression, ai traversé une crise de foi qui a remis en questions mes croyances sur les mondes subtils et spirituels, et ai délaissé mes pratiques de nettoyage ou protection énergétiques n’étant plus certaine d’y croire. Et c’est là que les difficultés avec Shana sont apparues…
Elle s’est mise à vomir fréquemment. Elle a aussi commencé à de plus en plus souvent uriner en dehors de sa litière et à devenir particulièrement étouffante. A mon grand regret aujourd’hui, étant plongée dans une terrible dépression, et ayant connu des pertes à tous niveaux, relationnel, professionnel, financier et un abandon social autant que spirituel, je n’étais pas en état de pouvoir comprendre ni gérer ses comportements. J’ai bien fait de nombreuses recherches au fil des années, sur internet, auprès de vétérinaires ou de thérapeutes animaliers, mais les seules réponses que j’ai pu trouver étaient ‘elle veut vous dire que quelque chose ne va pas’ (oui, mais quoi, impossible de le savoir), ou ‘elle est en stress’ (d’accord, mais quoi faire, là aussi pas de pistes). Etant épuisée, désespérée, en stress permanent et très irritable, j’ai perdu patience et l’ai de plus en plus souvent réprimandée et punie, accentuant encore le problème.
Là aussi, c’est le 2ème jour après son départ que j’ai acquis une nouvelle compréhension. D’une part, j’étais moi-même en pleines réactions traumatiques par mes expériences, et donc déclenchée par ses comportements, ce qui n’arrangeait rien ni pour elle ni pour moi. Ainsi, j’ai manqué du recul suffisant pour comprendre son mal-être et pour le traiter. J’ai reproduit un schéma de négligence envers elle que j’avais moi-même connu dans mon enfance avec ma propre mère, par incompréhension et manque d’information.
D’autre part, elle a absorbé mes énergies négatives, liées à mes lieux de vie et mes expériences, sans se protéger, comme beaucoup de thérapeutes ou figures maternelles ont tendance à vouloir aider les autres en ne tenant pas compte de l’importance de prendre soin de soi d’abord, et de placer des limites et se protéger. Elle a ainsi absorbé beaucoup de toxicité, bien trop pour son petit corps malgré sa grande âme.
Enfin, en août 2024, une vétérinaire a détecté une hyperthyroïdie, mais a failli d’identifier un trouble rénal, qui aura eu raison de ma compagne. Les reins en effet sont les organes qui jouent le rôle de filtre des énergies toxiques dans le corps, et sont également affaiblis par une trop grande surcharge toxique sur le plan énergétique. Il s’agit d’ailleurs d’une maladie assez récente chez le chat, liée à la trop grande absorption d’énergies toxiques des humains et leur détournement des rituels spirituels de purification.
Un accompagnement au deuil
Même après son départ, Shana continue de veiller. Elle m’a fait le cadeau de s’endormir dans mes bras, venant ainsi réparer plusieurs deuils qui m’ont terriblement marquée, notamment la parte brutale de mon jeune frère, la disparition de mon premier chat en 2013 qui m’avait dévastée et la disparition d’une jeune chatte en 2024 qui a été extrêmement traumatique. Grâce à Shana, j’ai pu connaitre un deuil serein, en me sentant accompagnée et en accompagnant ma douce amie au fil de toutes les étapes.
Le départ précipité de Shana me laisse désorientée mais pas accablée comme je m’y attendais. Je perçois au contraire les enseignements qu’elle m’aura apportés jusqu’encore après son départ et me réconcilie avec le grand mystère de notre univers et des expériences, certainement pas dues au hasard, que je rencontre.
Nous sommes en année 9, une année de clôture de cycle majeur, et je perçois de fait la fin d’un énorme cycle débuté en 2012 à son arrivée, en lien avec la réparation de blessures avec la mère et les traumas. Le 9 est aussi représenté par l’Hermite dans le tarot, et le sage, qui représente certainement magnifiquement Shana, la richesse des enseignements par l’expérience et l’appel à réexaminer notre vécu passé afin de mieux comprendre les enseignements qu’ils nous ont permis de retirer. L’énergie du 9 nous ramène aussi à l’enfant intérieur, et aux schémas de vécus traumatiques et de négligence que j’ai connus dans mon enfance et qu’elle a reproduit dans notre relation, me permettant de les percevoir avec une distance et les comprendre. Enfin, elle est décédée au tout début de l’entrée du soleil en Verseaux, associé à l’Etoile dans le tarot, un signe prédominant dans ma carte du ciel et que j’associe à la conscientisation et la guérison des vécus traumatiques, qui ont une portée bien plus profonde que les blessure ou le stress. Et elle s’est aussi endormie au centre vétérinaire de l’Etoile...
Son absence commence à se faire clairement sentir, mais je ressens surtout un soulagement, après avoir traversé le monde d’en-bas, c’est comme si un voile se levait et qu’enfin quelques rayons de soleil apparaissent. Elle a transmuté des énergies très puissantes, me libérant du poids d’un long et lourd vécu traumatique. Je n’ai pas le moindre doute sur le fait qu’elle soit un chat thérapeute, qu’elle ait joué un rôle de guérison de la relation à la mère dans ma vie, avec une énergie très terre… Mon grand regret est de ne pas pouvoir la serrer dans mes bras et la remercier de tout ce qu’elle m’a apporté en expériences et en compréhensions - même si je l’ai très souvent fait, jusqu’au dernier moment. Mais j’ai aussi appris que les chats, même s’ils aiment les câlins, n’ont pas besoin d’être touchés pour ressentir. Et à chaque fois que je regarderai les étoiles, j’éprouverai un ressenti de gratitude mêlé à la tristesse de son absence.
The Witch’s Path avec Vanessa Vaia
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