Grandir à travers la perte
Ces dernières années, j’ai connu plus de perte que ce qui est imaginable, et en ce jour de nouvelle lune en Cancer, je peux acquérir une nouvelle perception, accéder à une nouvelle couche de compréhension de ces expériences que beaucoup connaissent, et que notre société étiquette de terribles et par rapport auxquelles elle se sent majoritairement impuissante.
Au cours des 4 années passées, j’ai perdu petit à petit ma santé, mon travail, mon cercle d’amis, mon cercle familial, ma dignité, mes droits et récemment je viens de perdre un petit chat que j’avais recueilli l’été dernier.
La perte, sous toutes ses formes, d’une carrière, d’une relation, d’un animal, d’un proche, d’une phase de notre vie, est dévastatrice. Et pourtant, ce que j’ai pu ressentir ces dernières années et qui m’apparait très clairement aujourd’hui, c’est à quel point la souffrance que nous pouvons ressentir face à la perte vient non pas de la perte en elle-même mais de notre résistance face à elle.
Lorsque nous sommes confronté à une expérience de perte, nous pouvons être envahi par une longue série d’émotions: tristesse, déni, incompréhension, interrogations, culpabilité, blâme, impuissance, regret, solitude… Et nous sommes généralement abandonnés à ces émotions, qui vont nous tourmenter, et souvent mener à des mécanismes de défense pour ‘survivre’ à cette tempête émotionnelle qui menace de nous engloutir: évitement (télé, réseaux sociaux), addictions (nourriture, alcool, médicaments, dépenses), ressassements…
C’est encore une fois à travers le tarot que j’ai pu trouver de l’apaisement, du réconfort, une voie de guérison.
LA MORT
La perte, la mort, le deuil sont associés à la carte de La Mort dans le tarot. Et la mort n’est pas masculine, comme elle est d’ailleurs souvent représentée (l’ange de la mort, figure masculine). La mort est féminine, et la carte de la mort est d’ailleurs souvent interprétée avec ambiguité: certains parlent de mort, d’autres de renaissance. La mort symbolise en fait les 3 étapes féminines:
la mort: c’est à dire la perte elle-même, la fin
le deuil: le processus de mort, de laisser aller de ce qui n’est plus
la renaissance: après le processus de deuil, la mort pourra ouvrir à une nouvelle étape de notre vie, une nouvelle naissance de qui nous étions, ne sommes plus et pouvons alors devenir.
Sur la Voie de la Sorcière, la mort est un processus de guérison et de croissance comme il y en a bien d’autres. Dans la seconde phase du deuil, nous allons être amenés à laisser aller ce qui n’est plus, n’a plus sa place, ce qui a pu nous servir mais maintenant a besoin d’être laissé. Parmi ce qu’il nous faut pouvoir laisser mourrir, il peut y avoir de nombreux aspects, qui sont propres au chemin de chacun.
En ce qui me concerne, il y a eu le besoin de laisser mourrir
des schémas de responsabilité: petite, j’ai dû porter le poids de responsabilités qu’un enfant n’a pas à devoir supporter et ne peut pas porter, avec une éducation très stricte, et punissive lorsque j’avais ‘failli’ à ce qui était attendu de moi
des schémas de culpabilité: du fait de mon éducation rigide, j’ai souvent été rendue coupable, ou responsable, de situations qui pourtant n’étaient pas de mon seul fait, et ne pouvaient pas objectivement être imputées à une enfant
des schémas de contrôle: dans la société actuelle judéo-chrétienne, masculine, l’impuissance n’a pas vraiment sa place, nous sommes amenés à croire que nous pouvons changer ou influencer bien plus de choses que ce que nous le pouvons en réalité, et soutenus par ce mode de vie qui repose sur des récompenses ou des punitions, il est normal de développer du contrôle et nous leurrer que nous devrions/aurions du/pouvons agir sur bien plus que ce que nous le pouvons réellement
Et puisque la mort est largement incomprise par notre société masculine, et considérée comme une fin, les personnes en deuil sont laissées à elles-mêmes, à leurs émotions et leurs tourments. Ainsi, nous résistons au processus de deuil, à l’opportunité qui nous est offerte de libérer ces émotions, souvent faisant écho à des émotions similaires que nous avons ressenties petit mais n’avons pas pu exprimer, de laisser aller ces anciens schémas et mécanismes de défense mis en place pour nous protéger un temps mais qui dans notre présent nous brident, nous empêchent de pouvoir être nous-mêmes, nous permettre de recevoir ce que nous souhaitons, et nous accorder la bienveillance, la compassion et l’attention nécessaires pour réaliser le processus de deuil et ainsi parvenir à l’étape de la renaissance, une naissance à notre être, libéré des emprises des schémas destructeurs, culpabilisant et générateurs de contrôle issus des modes de pensée judéo-chrétiennes.